Qui paie la taxe de séjour ?
La taxe de séjour est facturée au voyageur, mais c’est l’hébergeur qui la collecte et la reverse à la commune. Cette répartition des rôles, simple en apparence, génère des tensions dès qu’une taxe additionnelle départementale s’ajoute au montant de base. Comprendre qui paie quoi, à quel moment et sur quelle base légale permet d’éviter les litiges qui se multiplient depuis l’entrée en vigueur de nouvelles délibérations départementales.
Taxe de séjour au réel et au forfait : montants comparés par type d’hébergement
Le régime applicable dépend de la délibération de la commune ou de l’intercommunalité. Les deux modes de calcul coexistent parfois sur un même territoire, mais les tarifs et la période de perception restent identiques quel que soit le régime choisi.
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| Type d’hébergement | Régime au réel | Régime au forfait |
|---|---|---|
| Hôtel classé (étoiles) | Montant par personne et par nuitée, selon le classement | Montant calculé sur la capacité d’accueil, même sans occupation complète |
| Location saisonnière / meublé de tourisme | Montant par personne et par nuitée | Montant forfaitaire sur la capacité théorique |
| Camping | Montant par personne et par nuitée | Montant forfaitaire sur le nombre d’emplacements |
| Chambre d’hôtes | Montant par personne et par nuitée | Montant forfaitaire sur la capacité d’accueil |
Au réel, le voyageur paie la taxe en plus du prix de la nuitée. L’hébergeur n’avance rien : il collecte le montant et le reverse trimestriellement ou selon le calendrier fixé par la collectivité.
Au forfait, la charge financière repose directement sur l’hébergeur. Celui-ci peut répercuter le coût dans son tarif, mais rien ne l’y oblige légalement. La différence est loin d’être anecdotique pour les résidences de tourisme ou les campings dont le taux de remplissage varie fortement selon la saison.
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Taxe additionnelle départementale : ce que change la délibération de 2025 dans la Somme
Depuis la délibération du Conseil départemental de la Somme du 31 mars 2025, une taxe de séjour additionnelle départementale s’applique sur le territoire. Ce mécanisme, prévu par le Code général des collectivités territoriales, permet au département de percevoir un supplément en plus de la taxe communale.
Pour le voyageur, cela signifie une ligne supplémentaire sur la facture. Pour l’hébergeur, cela suppose une collecte distincte ou intégrée, selon les outils de déclaration mis à disposition par la commune et le département.
Pourquoi cette taxe additionnelle génère des refus de paiement
Le problème concret se pose au moment du check-in ou du règlement final. Certains voyageurs acceptent la taxe de séjour communale, qu’ils connaissent, mais contestent la ligne départementale, perçue comme un doublon ou un surcoût injustifié.
L’hébergeur se retrouve alors dans une position délicate : il est légalement tenu de collecter la totalité, y compris la part départementale. Un refus du voyageur ne l’exonère pas de son obligation de reversement.
Litiges taxe de séjour 2026 : clauses contractuelles et gestion des refus
La multiplication des délibérations départementales en 2025 et 2026 a rendu les litiges plus fréquents, notamment sur les plateformes de location entre particuliers où la taxe additionnelle n’est pas toujours intégrée automatiquement au calcul affiché.
Clauses préventives à intégrer dans le contrat de location
Pour limiter les contestations, plusieurs éléments méritent de figurer dans les conditions générales ou le bail de courte durée :
- Mention explicite du montant de la taxe de séjour (part communale et part départementale) dans le récapitulatif tarifaire transmis avant la réservation
- Clause précisant que la taxe de séjour est due par le voyageur en sus du loyer, conformément aux articles du CGCT, et que son montant peut évoluer par délibération
- Indication du mode de règlement accepté pour la taxe (espèces, virement, intégration au paiement global) et du moment de la collecte (à l’arrivée ou au départ)
- Renvoi vers la délibération en vigueur ou vers le site de la collectivité pour consultation du barème applicable
Ces mentions ne suppriment pas les refus, mais elles fournissent une base opposable en cas de litige. Un voyageur informé avant la réservation a moins de motifs valables pour contester au moment du séjour.
Ce que risque un hébergeur qui ne collecte pas
L’obligation de collecte est une obligation légale, pas une option commerciale. L’hébergeur qui ne reverse pas la taxe s’expose à des pénalités, même si le voyageur a refusé de la payer. La charge de la preuve de la collecte lui incombe.
Sur les plateformes comme Airbnb ou Booking, le problème est en partie résolu : la plateforme collecte et reverse directement la taxe de séjour pour le compte de l’hébergeur dans les communes ayant signé une convention. La part départementale additionnelle n’est pas systématiquement couverte par ce mécanisme, ce qui crée un décalage.

Déclaration et reversement de la taxe de séjour à Paris en 2026
Le cas parisien illustre la tendance à la dématérialisation complète du circuit de reversement. Depuis le premier trimestre 2026, les hébergeurs parisiens déclarent chaque mois et reversent en ligne à la fin de chaque trimestre, via un espace dédié sur taxedesejour.paris.fr.
Trois moyens de paiement sont proposés : carte bancaire, prélèvement via PayFip et virement bancaire. Les reversements portant sur des périodes antérieures au premier trimestre 2026 ne sont pas éligibles au paiement en ligne et suivent les anciennes modalités.
Ce fonctionnement réduit les erreurs de déclaration et accélère le flux entre l’hébergeur et la collectivité. Pour les loueurs en LMNP qui gèrent un ou deux biens, la déclaration mensuelle reste une contrainte administrative à ne pas négliger, sous peine de retard de reversement et de relances.
Exonérations de taxe de séjour : qui ne paie pas
En France, les mineurs sont exonérés de la taxe de séjour au réel. Les personnes bénéficiant d’un hébergement d’urgence ou occupant un logement dont le loyer est inférieur à un seuil fixé par la commune peuvent aussi en être dispensées.
À titre de comparaison, le régime genevois applique une logique différente : la taxe de séjour y est due par tous les hôtes de passage, y compris les mineurs, au tarif de 4,25 CHF par personne et par nuitée (hors campings). Cette divergence surprend les voyageurs qui circulent entre la France et la Suisse.
La taxe de séjour reste un prélèvement modeste rapporté au coût total d’un séjour. Sa complexité ne tient pas au montant, mais à la superposition des régimes communaux, intercommunaux et départementaux. Les hébergeurs qui anticipent cette complexité dans leurs documents contractuels réduisent significativement le risque de litige au moment du séjour.